Riverflow
Sommaire Sommaire
  1. Un pays, quatre mers
  2. Ce que c’est
  3. À qui elle s’adresse
  4. Construire avec nous
  5. Ce qui est nouveau ici
  6. Ce qu’elle n’est pas
  7. Comment la citer
  8. État de l’existant
  9. Colophon

Projet

Suivre l’eau. Protéger ses voies.

Riverflow rend observable le cycle de l’eau en Suisse — des précipitations en montagne, de la neige et de la glace jusqu’aux eaux souterraines, aux cours d’eau, aux lacs, aux zones humides, aux usages et aux retours. Le but est concret : détecter les changements, vérifier si les voies essentielles sont protégées et étayer une action en justice lorsqu’elles ne le sont pas.

Un pays, quatre mers

La Suisse n’a pas de côte. Elle est pourtant le château d’eau de quatre bassins maritimes européens : l’eau qui tombe sur les Alpes quitte le pays dans quatre directions et gagne la mer du Nord par le Rhin, la Méditerranée par le Rhône, l’Adriatique par le Tessin et le Pô, et la mer Noire par l’Inn et le Danube. Les quatre bassins sont partagés avec seize autres États. Rien d’autre sur cette carte n’est aussi simple à énoncer et aussi rarement dessiné : le pays est en amont d’un continent.

Les parts ci-dessous ne sont citées de nulle part. Une grille d’un kilomètre est posée sur le polygone de la frontière, chaque cellule est attribuée au système fluvial du cours d’eau cartographié le plus proche, et les cellules sont comptées. Les quatre systèmes qui quittent le pays sont identifiés par le tronçon par lequel leur eau sort, un champ que le réseau hydrographique porte déjà.

Dérivation des bassins…

Lisez la rangée de repères sous la bande comme la frontière elle-même. Trois des quatre bassins ont une station de mesure suisse à la frontière ; l’Adriatique n’en a aucune. Poussez la lecture d’un cran et, de ces trois stations, deux seulement mesurent un fleuve entier.

Le Tessin quitte le pays sans être mesuré. La plus grande station du bassin adriatique est Bellinzone, et Bellinzone se trouve à 8,7 km de la frontière et en amont du lac Majeur : tout ce que le lac ajoute et tout ce qu’il retient est donc hors de la lecture. La seule station suisse qui se tienne à cette frontière est Ponte Tresa, sur la Tresa, avec une moyenne à long terme de 23,5 m³/s. Un dixième environ du territoire suisse s’écoule vers le Pô, et le réseau fédéral ne mesure pas ce qu’il y envoie.
Et la station frontière de l’Inn ne mesure pas l’Inn. Martina, Sclamischot se tient à 0,5 km de la frontière autrichienne et à quelque deux kilomètres en amont de la restitution de la centrale de Martina, dans le tronçon que l’aménagement de l’Engadine dérive. Durant les sept jours au 19.08.2026, elle a publié entre 3,78 et 13,34 m³/s, et elle affichait moins que Tarasp, située en amont — ce qui ne peut pas être vrai d’un même fleuve à moins que l’eau n’ait quitté le lit. La couche des usages de cette carte dit où elle est passée : Pradella, 288 MW, débit d’équipement 72 m³/s, et Martina, 80 MW, débit d’équipement 88 m³/s, toutes deux enregistrées en exploitation normale. Des quatre fleuves, deux seulement quittent le pays devant une station qui mesure un fleuve entier.
Chargement des stations…

Ce que la Suisse est au Rhin

Le bassin du Rhin est le seul où la part suisse d’un fleuve européen peut être dérivée ici de chiffres primaires aux deux extrémités : la moyenne à long terme à la dernière station suisse et celle que le plan de gestion international indique pour le même fleuve en amont de la frontière néerlandaise. Le résultat est sans proportion avec la carte.

Un septième du bassin versant fournit près de la moitié de l’eau. Ce rapport est ce qu’est un château d’eau alpin, et c’est la raison pour laquelle une sécheresse suisse est un problème néerlandais. L’OFEV indique les mêmes 45 % pour le Rhin, et précise en outre que la Suisse fournit environ 20 % du débit du Rhône, 10 % de celui du Pô et 1 % de celui du Danube (Wasser: internationale Zusammenarbeit, 19.05.2025).

Les deux chiffres concordent, et cette concordance mérite une phrase de prudence. Le numérateur ci-dessus est modélisé — HydroRIVERS DIS_AV_CMS, la moyenne naturelle du tronçon sur lequel se trouve Bâle —, tandis que le dénominateur est une moyenne mesurée publiée par la commission du fleuve elle-même. Une dérivation comportant un terme modélisé est un contrôle et non une source ; et puisque ce site signale cette différence partout ailleurs, il la signale ici.

Les quatre parts dérivées totalisent 99,99 %. Les quatre parts fédérales — 67 / 18 / 9,3 / 4,4 % — totalisent 98,7 %, parce que le bassin de l’Adige au Val Müstair leur échappe et parce qu’elles sont arrondies. L’écart est faible et ce n’est pas une erreur des chiffres fédéraux ; c’est ce qui arrive lorsque quatre nombres sont publiés sans le reste. Cette dérivation dit où se trouve ce reste.

La glace que chaque fleuve détient

Un glacier est un réservoir sans concessionnaire ni exploitant. Il libère le plus d’eau lorsque les cours d’eau en aval sont au plus bas. La question n’est pas seulement la quantité de glace restante, mais le fleuve auquel elle appartient. Chaque glacier est affecté à un bassin par son centroïde, selon la règle du chenal le plus proche utilisée pour la grille.

Le bassin du Rhône détient plus de la moitié de ce qui reste de la glace suisse sur un cinquième du territoire ; c’est pourquoi le Rhône est le fleuve dont la fin de l’été change en premier. L’Inn a perdu la plus grande part des quatre, et l’Inn est la source suisse du Danube — le seul bassin qu’aucune commission dont la Suisse fait partie ne surveille.

Là où les registres s’arrêtent

Chaque couche de cette carte s’arrête à la frontière, parce que chaque registre qui la porte est fédéral ou cantonal et que les registres fédéraux s’arrêtent là où s’arrête la Confédération. L’eau, elle, ne s’arrête pas. Ce décalage est le fait juridique permanent de cette section, et il est traité de quatre manières différentes sur quatre fleuves :

  • Le Rhin. La Convention pour la protection du Rhin du 12 avril 1999 lie la Suisse aux côtés des États riverains et de l’Union européenne, et la CIPR coordonne sur cette base ; la CHR coordonne l’hydrologie depuis 1970. La Suisse n’est pas membre de l’UE et la directive-cadre sur l’eau ne la lie pas ; son territoire n’en fait pas moins partie du district hydrographique international du Rhin, et le plan de gestion coordonné au niveau international, établi selon l’art. 13 de cette directive, la compte parmi les neuf États du district.
  • Le Rhône. La CIPEL, fondée sur la convention franco-suisse du 16 novembre 1962, en vigueur depuis 1963, couvre le Léman et le Rhône en aval.
  • Le Pô. La CIPAIS, fondée sur la convention italo-suisse du 20 avril 1972, couvre les eaux que les deux États partagent — le bassin dont cette carte ne peut pas mesurer l’exportation.
  • Le Danube. Rien. La Suisse n’est pas partie à la Convention sur la protection du Danube et le régime de la CIPD n’atteint pas les sources suisses de l’Inn, qui forment le bassin ayant perdu le plus de glace.

Une plaideuse qui lit cette page devrait en retenir une chose. Un chiffre suisse sur une couche suisse est, sur quatre fleuves, aussi un fait concernant un fleuve qui appartient à d’autres, et on n’a jamais posé cette question au registre qui l’a produit. Le reste de ce site porte sur l’âge et la classe de ces chiffres. Cette section porte sur leur portée.

Ce que c’est

L’objectif est de comprendre tout le cycle de l’eau et le droit qui protège ses voies essentielles : précipitations, neige et glace, sols, nappes, cours d’eau, lacs, zones humides, retenues, usages, restitutions et eau quittant la Suisse. Le but est pratique : rendre les changements visibles, protéger les zones humides et fonder l’action juridique sur des preuves lorsque la protection n’est pas appliquée. Cette version constitue le socle sur les eaux superficielles. Elle réunit observations actuelles des cours d’eau, historique des retenues, inventaires glaciaires, registres d’utilisation de l’eau et zones humides protégées, sans prétendre que tout le cycle est en direct.

L’idée directrice n’est pas le dessin. C’est celle-ci : chaque chiffre énonce sa classe de preuve et son âge. Une lecture prise à une station et une inférence tirée d’un registre vieux de vingt ans sont toutes deux à l’écran, et il ne leur est jamais permis de se ressembler. La barre en haut de la carte est la composition du dessin lui-même par classe de preuve, comptée en direct, et elle dit qu’environ deux pour cent de ce que vous voyez est mesuré.

À qui elle s’adresse

Pour toute personne qui doit connaître l’origine d’un chiffre avant de l’utiliser : scientifiques, juristes, journalistes, autorités et communautés vivant avec l’eau. Le dépôt est public ; toute correction utile doit pouvoir améliorer le fonds commun.

C’est aussi, délibérément, un argument adressé à celles et ceux qui publient les données sous-jacentes : l’état des données a sa place sur la face même d’une couche, et non à trois clics de là dans les métadonnées.

Construire avec nous

Riverflow est un projet public et collaboratif. Son objectif commun est de rendre observable tout le cycle de l’eau en Suisse — des précipitations, de la neige et de la glace aux sols, nappes, cours d’eau, lacs, zones humides, retenues, usages et restitutions — afin de détecter tôt les changements, de vérifier la protection et de fonder l’action juridique sur des preuves.

Nous invitons les contributions en hydrologie, glaciologie, limnologie, écologie, qualité de l’eau, ingénierie géospatiale, administration publique et droit suisse de l’environnement. Une contribution utile peut être une valeur corrigée, une source primaire, un jeu de données cantonal manquant, une revue de méthode, une traduction ou une interface plus claire et accessible.

Ce qui est nouveau ici

La plupart des données sources existent déjà. Le réseau de mesure, la base des débits résiduels, les quatre registres d’usage et les inventaires glaciaires existent comme couches fédérales officielles ; ces produits font autorité. Deux éléments sont ajoutés.

  • Propagation sur le réseau. La source fédérale publie des points de station. Cette carte dessine 8 711 tronçons uniques et indique pour chacun l’une de trois classes de preuve.
  • Une seule surface, une seule lecture. Le débit, les usages et le droit ne se trouvent jamais sur une même surface au niveau fédéral ; ce sont des commutateurs séparés dans des produits séparés.
  • Les recoupements, énoncés. 415 tronçons traversent ici une zone alluviale d’importance nationale, où le devoir de l’ordonnance sur les zones alluviales quant au régime des eaux et le plancher de l’art. 31 LEaux tombent sur la même eau. Le survol du tronçon le dit. Aucun produit fédéral ne joint ces deux couches, parce que ce sont deux produits.

Cet examen n’a trouvé aucun équivalent mesuré à l’échelle européenne. Copernicus EFAS et GloFAS fournissent des débits modélisés par tronçon ; les portails nationaux s’arrêtent aux frontières ; EStreams est un catalogue historique. Aucune source européenne mesurée ne couvre le même champ.

Ce qu’elle n’est pas

  • Pas une prévision. De l’eau mesurée et modélisée, à l’instant indiqué.
  • Pas un constat de violation. Une donnée ici est un fait concernant une rivière, une retenue ou un glacier. Le pas vers un constat appartient à la juriste, et il exige la concession, l’autorisation et le lieu.
  • Pas un conseil juridique, et pas un substitut à la lecture de la loi. La page juridique cite les textes et les arrêts pour que les uns et les autres puissent être vérifiés.
  • Pas une image complète de l’eau suisse. La section des limites énumère ce qui manque et pourquoi.

Comment la citer

Citez la source fédérale sous-jacente pour tout chiffre sur lequel vous vous appuyez ; le tableau de la page des sources en donne le détenteur, l’état des données et un lien pour chacune. Lorsque c’est le traitement propre à la carte que vous visez — la propagation, les classes de preuve, l’audit d’âge —, citez le site et la date de consultation, car les couches en direct changent à la minute et les couches préparées changent chaque semaine.

Eau et glace en Suisse. riverflow-ch.
https://opengovclimate.ch/riverflow/
Consulté le 21.08.2026.

Le lien permanent vers un cours d’eau et une couche donnés, c’est la barre d’adresse : la carte inscrit la couche et la vue dans l’URL, de sorte que la copier copie la vue.

État de l’existant

Vérifié le 19 août 2026, en consultant les sources et non de mémoire. Les constats qui ont façonné le projet :

  • La carte en direct de l’OFEV montre le débit et le niveau actuels classés par rapport à la période de référence 1991–2020, et la même couche est du GeoJSON public rafraîchi toutes les 300 secondes. C’est la statistique officielle par jour de l’année qui manque encore à cette carte : elle emploie à la place une moyenne à long terme modélisée, et la marque comme non citable.
  • Une divergence, non résolue. La page cartographique fédérale décrit ce classement comme des moyennes journalières comparées à 1991–2020 ; la légende WMS de la même couche décrit des centiles mensuels de moyennes horaires à long terme cumulées depuis le début de la série. Deux descriptions officielles d’une même couche qui ne concordent pas. À tirer au clair avant de citer une classe dans un acte juridique.
  • Les quatre registres d’usage de l’eau existent déjà comme couches sur map.geo.admin.ch. L’empilement de couches présenté ici n’est pas une donnée nouvelle.

La note complète, avec les identifiants et les décomptes, se trouve dans docs/PRIOR-ART.md du dépôt.

Colophon

Réalisé par Jonas Hertner. Le code source est sur GitHub, y compris chaque script de construction et le raisonnement derrière les nombres qu’il a fallu régler.

La publication statique construit ses données avec Bash, Node et une version fixée de mapshaper. Deux canevas : la carte de base est redessinée lorsque la vue ou les données changent ; le courant tourne par-dessus sur son propre canevas à soixante images par seconde. Ainsi, 3'200 particules n’imposent jamais de redessiner 8'711 tronçons.

La typographie tient trois registres, un par nature d’énoncé. La prose est en Archivo. Tout chiffre mesuré est en IBM Plex Mono avec chiffres tabulaires, afin qu’une colonne de lectures s’aligne et qu’un nombre n’ait jamais à se lire comme un mot. Tout ce que le droit exige est en Source Serif 4, dans une terre chaude sur le fond froid — os sur la surface de nuit, sépia sur celle de jour —, parce qu’un débit résiduel minimal n’est pas une mesure et ne doit jamais pouvoir être pris pour une mesure d’un coup d’œil. Cette distinction est tout le parti pris graphique, et c’est la seule chose qui ne change pas quand la surface change.

Le signe en haut de chaque page représente les trois classes de preuve dans leurs proportions réelles. Le mince trait de gauche, c’est tout ce que ce pays mesure.

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